Plus qu’une Publication : Quand les Missionnaires Numériques Apprennent à Raconter des Histoires au Service de Notre Maison Commune
Posted 24 August 2026
Comment être missionnaire dans un monde ou chacun fait défiler des centaines de publications chaque jour ?
C’est autour de cette question que des participants venus des quatre coins du monde se sont retrouvés en ligne, pendant une semaine en juillet, a l’occasion du premier bootcamp Missionnaires Numériques : Le Storytelling au Service de l’Écologie Intégrale organisé par la Plateforme d’Action Laudato Si´.
Une évidence est apparue : la réponse n’est pas de publier davantage.
La réponse est d’apprendre à mieux écouter. De se demander pourquoi l’on communique avant de réfléchir à ce que l’on veut communiquer. De raconter des histoires qui favorisent la rencontre plutôt que de chercher simplement à capter l’attention. Et de reconnaître que les espaces numériques peuvent eux aussi devenir des lieux où s’enracinent l’accompagnement, la foi et le soin de notre maison commune.

La mission numérique ne s’acquiert pas en six modules. Elle se construit dans la prochaine publication que l’on ose partager, dans l’histoire que l’on apprend à raconter avec davantage de justesse, dans la conversation que l’on choisit d’aborder avec bienveillance, dans l’écoute que l’on offre avant de répondre, et dans la communauté que l’on fait grandir pas à pas, autour d’une mission commune.
Plus de 700 personnes ont posé leur candidature pour participer à cette première édition. Parmi elles, plus de 50 participants issus de 25 pays ont été sélectionnés pour suivre les six modules de formation. Ils représentaient des paroisses, des diocèses, des communautés religieuses, des établissements scolaires, des mouvements catholiques, des organisations à but non lucratif et des ministères indépendants. Certains géraient déjà des réseaux sociaux à titre professionnel, tandis que d’autres faisaient leurs premiers pas dans la création de contenus numériques.
Cette diversité a fait toute la richesse de l’expérience.
Des abonnés aux véritables rencontres
Dès la première session, les participants ont été invités à repenser ce que signifie réellement avoir de “l’influence”.
Plutôt que de considérer le nombre d’abonnés, le nombre de “j’aime” ou la visibilité comme une finalité. Ils ont été encouragés à se voir comme des missionnaires sur le “continent numérique”. Leur mission n’est pas de rassembler une audience, mais de partager l’Évangile, d’accompagner les personnes et de créer de véritables espaces de rencontre. Comme l’a rappelé Erich Kerekes, directeur financier et cofondateur de Hallow, l’objectif est avant tout de “sanctifier l’espace numérique” Autrement dit, apprendre à écouter avant de parler, comprendre les personnes que l’on souhaite rejoindre et créer des contenus qui nourrissent les relations, la foi et l’engagement.
Au cours de la semaine, les participants ont exploré plusieurs thèmes : le storytelling porteur de sens, l’identité et la vocation, la construction d’une présence numérique au service de la mission, la création de contenus qui suscitent l’engagement, le développement d’une communauté en ligne et l’élaboration d’un plan d’action personnel pour exercer une influence numérique durable.
Les exercices pratiques leur ont permis de mettre immédiatement ces enseignements en œuvre. Ils ont réfléchi à leur identité de communicateur, créé et publié des contenus, identifié les personnes et les communautés qu’ils souhaitaient rejoindre et commencer à imaginer comment intégrer cette mission numérique dans leur quotidien.
Pour certains, cela signifiait apprendre à utiliser de nouveaux outils. Pour d’autres, le plus grand défi était tout simplement de trouver le courage de prendre la parole.

Les exercices pratiques leur ont permis de mettre immédiatement ces enseignements en œuvre
Cette évolution apparaît clairement dans l’évaluation réalisée a l’issue du programme. Parmi les 27 participants ayant répondu anonymement au questionnaire, 81% estiment que les idées et les outils proposés sont directement applicables à leur contexte local ou institutionnel, tandis que 78% ont attribué une note de 4 ou 5 sur 5 aux exercices pratiques.
L’exercice jugé le plus utile n’était pas technique. Il s’agissait de la réflexion sur leur identité et leur vocation en tant que communicateurs.
Une communauté qui a dépassée les fuseaux horaires
La communauté qui s’est constituée tout au long de la semaine s’est révélée presque aussi précieuse que la formation elle-même.
Les participants venaient d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique Latine et des Caraïbes, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, d’Amérique du Nord et d’Océanie. Pour certains, participer signifiait se connecter après une journée entière de travail. L’un suivait les sessions de 22h à minuit dans son fuseau horaire,tandis qu’un autre assistait aux formations entre 2h et 4h du matin.
Malgré ça, beaucoup ont confié que la rencontre avec d’autres personnes engagées dans la transformation écologique et spirituelle avait été l’un des aspects les plus marquants de la semaine.
Pour Helena Choo, fondatrice et ambassadrice de Graces In Life, à Singapour, cette dimension internationale a profondément transformé sa vision de la mission numérique.
“Participer à ce bootcamp a changé ma manière de comprendre mon rôle de missionnaire numérique. Au-delà de la création de contenus, je me sens appelée à accompagner des réflexions qui relient l’intelligence artificielle, les politiques publiques et les rapports de pouvoir à travers les continents. Apprendre aux côtés de personnes issues de différents pays et ministères m’a permis d’élargir les espaces synodaux au monde numérique, où nous pouvons écouter, réfléchir et répondre ensemble, avec responsabilité, en tant qu’enfants de Dieu.”
Helena souhaite désormais intégrer les questions soulevées dans les grands forums internationaux à ses vidéos YouTube Shorts publiées sur @CrossLoving, afin d’inviter un public plus large à réfléchir aux questions du soin de la création, du pouvoir et des valeurs qui façonnent nos sociétés.
S’inspirer de celles et ceux qui vivent déjà la mission
Tout au long du bootcamp, les participants ont pu échanger avec des intervenants qui vivent déjà la mission numérique dans des contextes très variés. Verônica Brunkow a partagé sa réflexion sur le potentiel de l’influence numérique au service de la mission ; Muriel Fleury a montré comment le storytelling peut devenir un véritable chemin d’évangélisation lorsqu’il est enraciné dans la foi ; Fr. José Juan Montalvo (Padre Borre) est revenu sur l’importance de l’authenticité, de l’identité et du ministère dans les espaces numériques ; José Manuel De Urquidi a proposé des conseils concrets pour réaliser des contenus qui créent un véritable lien avec les personnes ; enfin, Erich Kerekes, cofondateur de Hallow, a partagé les enseignements tirés du développement de l’une des plus importantes communautés catholiques en ligne.
Leurs interventions ont été enrichies par l’accompagnement des animateurs José Antonio Hernández Griego, Diana María Lozano, Ana Gabriela Barrera, et Jorge Cortés Durán, qui ont aidé les participants à adapter ces enseignements à leur propre réalité. Tous ont rappelé une même conviction ; la mission numérique ne consiste pas à produire toujours plus de contenus, mais à communiquer avec intention, à bâtir des relations de confiance et à créer des espaces ou les personnes peuvent se rencontrer, dialoguer et agir ensemble.
Et maintenant, après le bootcamp?
À la fin du programme, lorsqu’on leur a demandé où ils se situaient dans leur parcours, la réponse la plus fréquente a été révélatrice : “J’ai des nouvelles idées, mais j’ai encore besoin de m’exercer pour les mettre en pratique. ”
C’est peut-être précisément là que doit s’achever une formation comme celle-ci.
La mission numérique ne s’acquiert pas en six modules. Elle se construit dans la prochaine publication que l’on ose partager, dans l’histoire que l’on apprend à raconter avec davantage de justesse, dans la conversation que l’on choisit d’aborder avec bienveillance, dans l’écoute que l’on offre avant de répondre, et dans la communauté que l’on fait grandir pas à pas, autour d’une mission commune.
Pour la Plateforme d’Action Laudato Si´, cette première édition représente bien plus qu’une formation réussie.
L’Église regorge déjà de témoignages qui méritent d’être connus : des communautés qui restaurent les écosystèmes, des congrégations religieuses qui repensent leur manière de gérer les ressources, des jeunes engagés pour la justice climatique, des paroisses qui mettent Laudato Si’, en pratique et des familles qui découvrent chaque jour de nouvelles façons de prendre soin de la Création.
Le véritable défi est désormais d’aider davantage de personnes à raconter ces histoires avec clarté, humanité et espérance, tout en leur permettant de se rencontrer et de s’encourager mutuellement.
La communauté née durant cette semaine poursuit déjà son chemin au-delà du bootcamp : les participants continuent de partager leurs réalisations, de s’échanger des conseils, de lancer des collaborations et de s’accompagner mutuellement dans la mise en œuvre de leurs projets. A l’approche des Journées Mondiales de la Jeunesse 2027, l’espérance est que ces liens continuent de se renforcer, en ligne comme en présentiel, pour donner naissance à un véritable réseau mondial de missionnaires numériques au service de notre maison commune.
Missionnaires du Numérique 2026 : Premiers Résultats
- Six modules associant foi, narration, stratégie numérique et écologie intégrale
- Des participants issus du monde entier et une grande diversité de ministères et d’institutions catholiques
- 81% de personnes ayant répondu au questionnaire estiment que les apprentissages sont très applicables à leur contexte
- 78% jugent les travaux proposés très utiles pour mettre en pratique les acquis de la formation
- 89% souhaitent rester en lien au sein de la communauté Missionnaires du Numérique
- 85% seraient très susceptibles de recommander une prochaine promotion
- La réflexion sur l’identité et la vocation en tant que communicant a été l’exercice le plus fréquemment cité comme utile